- “Je ne voudrais pas que mon pire ennemi souffre de ces terribles moments.” Luciano Pavarotti
- Qui n’a pas connu le trac à un moment donné dans sa vie d’artiste?
- Ce phénomène terrible qui nous noue le corps et nous freine l’esprit avant et parfois pendant une représentation.
- Ce sentiment d’angoisse au moment de monter sur scène qui
nous enveloppe, nous paralyse et nous fait perdre une grande partie de nos
moyens. Cette appréhension inquiétante face au public qui provoque des
tremblements, des palpitations, une bouche sèche, des mains moites et j’en
passe et des meilleures. Avez-vous déjà vécu cela? Reconnaissez-vous certains des symptômes décris? Oui? Tant mieux! Car j’ai en ma possession quelques outils qui je le sais vous permettront d’alléger votre vie artistique et de mieux savourer vos aventures scéniques.
-
- La théorie du trac
-
- Une théorie circule dans le monde artistique et dans notre
monde magique en particulier qui dit que le trac apparaît lorsque l’artiste ne
s’est pas suffisamment préparé à la situation dans laquelle il va se trouver.
-
- Je vais d’emblée contredire cet adage en vous parlant de
mon expérience et de celle d’un des plus grands théoriciens et praticiens que
la magie de proximité ait connu : notre maître Arturo de Ascanio - attention
n’y voyez aucune comparaison, juste deux histoires qui s’additionnent l’une à
l’autre.
-
- Débutons d’emblée par mon expérience personnelle.
-
- J’ai très vite - sans
grande créativité ni maturité artistique - présenté des concours en Belgique
que j’ai eu la chance et le bonheur de remporter. Je m’étais, bien sûr,
préparé pour affronter ces terribles conditions de travail mais à dire
vrai, dans l’insouciance de ma jeunesse artistique, le trac était presque
inexistant. A cette époque (lointaine...hé oui!), je pouvais me retrouver en
face des plus grands maîtres de notre Art, je n’avais aucune palpitation,
aucune boule dans l’estomac ou dans la gorge, aucune accélération
cardiaque,...Rien! Juste le plaisir de pouvoir partager ma manière de créer
des illusions avec les autres. Ce ne sont que quelques années plus tard avec
une maturité artistique un peu plus grande que le trac est rentré dans ma vie
par une petite porte pour ensuite s’inviter fréquemment. Paradoxalement, à ce
moment-là de ma carrière, j’étais beaucoup mieux préparé que dans le passé et
pourtant le trac était beaucoup plus présent. Drôle de paradoxe, n’est-ce
pas?!
-
- Ce premier exemple va, me
semble-t-il, à l’encontre de la théorie précitée qui dit - je vous le
rappelle - que si l’on est bien préparé, le trac n’existe pas.
-
- J’en profite pour ouvrir
une petite parenthèse et citer Kaplan (l’acteur pas le magicien) qui dit
qu’une personne qui, à une étape de sa carrière, voit son trac miraculeusement
disparaître, ne tardera pas à quitter la scène. Je vous rapporte également
cette anecdote concernant la grande actrice Sarah Bernardt qui répondit à une
jeune comédienne se flattant de ne pas connaître le trac : « Mais cela vous
viendra avec le talent! ».
-
- Nous pouvons donc déduire selon ces deux grands artistes
que l’absence totale de trac signifie que, soit l’acteur possède un talent
médiocre ou en tout cas très limité, soit qu’il n’en possède pas du tout.
C’est plutôt rassurant pour ceux qui ont fait du trac un fidèle compagnon,
non?
-
- Le deuxième exemple est celui de Arturo de Ascanio. Ceux
qui l’ont vu travailler en spectacle ou durant les conférences qu’il donnait
lors de congrès de magie se sont très vite aperçus que de temps à autre le
trac se saisissait de lui. Cela veut-il dire qu’il ne s’était pas suffisamment
préparé? Non, bien sûr! Arturo avait une sensibilité à fleur de peau qui le
rendait, dans certaines conditions, intimidé par son public et c’est cette
particularité mentale qui le mettait mal à l’aise. Pour ce qui est de son
extraordinaire technique, je ne vous apprends rien en disant qu’il la dominait
à la perfection.
-
- Par ces deux exemples, je peux fermement affirmer que la
cause du trac n’est pas exclusivement due à une mauvaise préparation - ce qui
peut bien sûr être le cas - mais surtout à une mauvaise image mentale de soi.
-
- Puisque je vous imagine, amis lecteurs, être de vrais
passionnés, travaillant votre technique nuit et jour, je ne vais parler que de
cette deuxième option : l’imagerie mentale. Pourquoi nous déstabilise-t-elle
autant? La réponse est simple: nous avons tellement envie de bien faire les
choses que nous engendrons la peur de ne pas y parvenir. Cette peur consciente
n’est pas due aux erreurs que nous pourrions faire mais au fait que le public
puisse apercevoir quelque chose qu’il n’est pas supposé voir. C’est elle qui
nous empêche de nous exprimer en toute liberté et d’utiliser toutes nos
capacités physiques et mentales.
-
- Poursuivant ma réflexion,
je citerai le mentaliste Tony «Doc» Shiels qui nous dit que le trac touche
pratiquement tous les « pros » et beaucoup moins les amateurs. Il explique
cela par le fait que le « pro » a effectivement des raisons d'être nerveux
étant donné que c'est son gagne-pain qui est en jeu - si le public ne l'aime
pas, il a de quoi s'inquiéter pour son futur. L'amateur, quant à lui, ne
connaît pas cette angoisse; le public attend beaucoup moins de lui et il
s'ensuit que la tension à laquelle il est soumis est beaucoup moins grande.
-
- Le trac et ses multiples
formes
-
- J’ai l’intime conviction que nous ne vivons pas une seule
forme de trac. Celui-ci varie d’intensité non seulement selon les conditions
de travail dans lesquelles nous jouons mais aussi en fonction du public devant
lequel nous nous trouvons.
-
- Permettez-moi de revenir
sur mon cas personnel. Je suis capable de présenter de la magie de proximité
en face de n’importe quel groupe social, dans n’importe quel endroit sans pour
cela souffrir d’un trac “handicapant”. Maintenant, placez-moi en face de
magiciens que j’admire, dans un lieu comme l’Escorial par exemple et écoutez
les battements de mon coeur... Vous vous rendrez très vite compte que le trac
est bel et bien présent et que je dois faire un énorme effort sur moi-même
pour le dominer.
-
- Tout est donc dans l’esprit, n’est-ce pas?
-
- Selon mon expérience le trac prend naissance dans notre
esprit en fonction de deux données (j’exclu bien sûr de ma réflexion le manque
de préparation) :
-
- - La première étant, non pas la
peur de l’erreur - puisque en bon professionnel que nous sommes, nous avons
pensé à toutes “les sorties de secours” que l’on pourrait utiliser lors d’une
situation conflictuelle - mais la peur que nos spectateurs se rendent compte
de quelque chose qu’ils ne sont pas supposé voir (je sais, je me répète mais
il faut de temps à autre souligner les choses importantes!). Toute notre
technique artistique est basée sur le secret et celui-ci doit être gardé coûte
que coûte. Cette limitation peut donc créer une peur plus ou moins grande
selon notre personnalité et selon nos expériences plus ou moins négatives de
notre passé artistique.
-
- - La deuxième donnée est le fait
que l’on se sait juger, critiquer par notre public (*). Cette deuxième
donnée englobe donc l’image mentale que nous nous faisons de nous-mêmes et de
notre public, image qui est souvent éloignée de la réalité. Ce qui est à la
fois passionnant et terrible dans la magie c’est que notre Art n’est pas une
affaire personnelle, c’est une collaboration entre nous et nos spectateurs.
L’acteur Rae Allen disait : “Vous communiquez avec, pas à un public!”
Le but étant de créer une symbiose entre ces deux parties. D’un côté, c’est un
aspect merveilleux de notre métier mais de l’autre côté cela peut être
terrifiant dans le cas où la communication ne se passe pas comme nous le
voudrions. Dans ce cas extrême, on risque de s’éloigner de nos spectateurs et
de passer à côté de la communion que l’on voulait créer avec eux; et sans
communion pas de symbiose, avec un résultat très clair : un spectacle raté.
-
- (*)
D’ailleurs, dans notre esprit, qui
est ce public? Est-ce ce à quoi il ressemble : un groupe de personnes? Ou
est-ce une “entité” que nous nous inventons et que nous plaçons là pour nous
regarder? “Ce troisième moi” comme le surnommait le grand acteur
Italien Salvini, une partie de nous-mêmes qui n’est ni nous-mêmes ni le magicien
que nous représentons.
-
- Ces deux données font parties intégrantes de notre hérédité
artistique. Ainsi l’Histoire nous dévoile que l’artiste a toujours eu peur
d’être vu par ses spectateurs. Si nous remontons le temps jusqu’à l’époque de
la Grèce Antique, on constate que les acteurs portaient un masque dans
l’unique but de se protéger du regard (diabolique) des spectateurs - une
manière efficace pour eux d’amoindrir leur trac en se cachant derrière un faux
visage et d’éviter de se retrouver “nu” sur scène.
-
- Il est vrai que s’exposer seul devant des centaines
d’inconnus est une chose qui demande soit beaucoup de courage, soit une grande
dose d’inconscience. A vous de choisir!
-
- Les deux peurs dont nous avons parlé précédemment
additionnées l’une à l’autre peuvent donc engendrer un stress plus ou moins
grand. Qui en douterait?
-
- Rassurez-vous, dans quelques instants vous découvrirez les
techniques que j’utilise pour atténuer ce mal de la scène que provoque de
temps à autre la voie artistique que nous avons choisie comme chemin de vie.
-
- Le siège du trac
-
- Où se situent précisément les symptômes du trac?
-
- Pour certains dans la gorge, pour d’autres dans les mains,
pour d’autres encore dans l’estomac, et pour une grande majorité d’entre nous
du sommet du crâne jusqu’au bout de nos orteils.
-
- Il semblerait pourtant que le lieu physiologique du trac
varie selon l’art que l’on pratique. Un violoniste ou un pianiste ne sera
absolument pas gêné par un manque de salive tandis que le trompettiste ou le
chanteur le sera. En revanche le violoniste ou le pianiste aura certainement
les mains froides et moites, tandis que le trompettiste ou le chanteur aura la
bouche sèche. Notre esprit semble donc diriger nos angoisses dans les lieux
stratégiques de notre corps afin de nous empêcher de nous exprimer librement.
-
- Esprit, pourquoi es-tu là?!
-
- Le bon et le mauvais trac
-
- Ce défaut peut aussi se corriger par le moyen d’un
entraînement mental, comme dans le cas de notre propre conscience. Le meilleur
remède consiste à acquérir le sens des proportions, et garder à l’esprit les
mots de Hamlet : “Il n’y a rien comme le mauvais ou le bon, c’est la pensée
qui fait la différence.” S.H. Sharpe
(Neo-Magic)
- Revenons à mon expérience
scénique et plus particulièrement à mon one-man-show “Démons et Merveilles”.
Avant de monter sur scène invariablement le trac fait toujours son apparition,
mais Dieu merci, il s’en va dès que les rideaux s’ouvrent et que le public
apparaît. Ça c’est ce que j’appelle le bon trac; celui qui
stimule, celui qui nous met dans un état d’énergie plus grand, celui qui nous
pousse à nous surpasser, celui qui nous prépare à affronter les dangers et les
plaisirs du “seul sur scène”. Bizarrement, plus la salle est grande et
plus le public est nombreux, moins j’ai le trac?!
-
- Il existe aussi ce que
j’appellerai le mauvais trac qui, je dois le confesser, a fait
aussi parti de mon vécu professionnel. Vous l’avez certainement rencontré :
celui qui se fait tenace, qui ne s’en va pas dès l’ouverture des rideaux, qui
nous accompagne jusqu’à la fin de la représentation, qui nous diminue au lieu
de nous grandir, qui nous perturbe et nous déséquilibre totalement. Ce trac
terrible qui nous amène à nous demander si l’on est bel et bien fait pour ce
métier de représentation?! Heureusement pour moi, il ne s’est immiscé que très
peu de fois dans ma carrière; mais sa seule présence peut nous envelopper de
tant de doutes et d’incertitudes que l’on commence à se poser des questions
sur notre futur artistique. Il est si incontrôlable et si terrifiant qu’il
peut provoquer une souffrance telle qu’elle devient plus importante que le
plaisir d’être sur scène. Ce mauvais trac devient tellement
handicapant et négatif que certaines personnes sont prêtes à changer de voie
artistique pour s’en défaire à jamais.
-
- L’histoire de ce comédien alcoolique très populaire est
assez répandue dans le milieu théâtral. Son nom attirait un large public mais
son addiction à l’alcool provoquait de tels troubles de mémoire qu’il lui
était devenu impossible de mémoriser un texte. Il en était venu à travailler
avec une oreillette reliée à quelqu’un qui lui dictait tout son texte.
Incroyable mais vrai!
-
- Cet autre exemple est aussi éloquent : c’est le cas d’un
comédien talentueux mais qui ne parvenait plus à contrôler son trac devant ses
spectateurs. Il avait l’habitude de boire la moitié d’une bouteille de gin
avant chaque spectacle. Un de ses collègues disait de lui : “ Cela tue son trac et par la même
occasion son jeu d’acteur!”
Il abandonna donc
les scènes de théâtre pour se libérer de cette phobie et accepta exclusivement
des rôles au cinéma. Dans son cas, cet inconvénient psychologique fut une
chance inouïe car il devint l’un des acteurs de cinéma les plus populaires de
son époque. Comme quoi, le trac peut aussi mener au succès!
-
-
- Les traumatismes
-
- Le trac peut être tellement
traumatisant que des symptômes physiques peuvent apparaître. L’exemple de la
comédienne Helen Hayes est typique. Avant chaque “première”, elle devenait
sourde. Voici ce qu’elle-même disait sur cette maladie psychologique : « Je
ne pouvais rien entendre d’autre que ce qui était dit sur scène. » Il
semblerait que sa surdité sélective représentait pour elle une manière de se
concentrer exclusivement sur ses partenaires de scène et non pas sur le
public. Elle trouva au moins un aspect positif à son angoisse - ce qui n’est
pas le cas pour tout le monde.
-
- Une des choses les plus
terribles du trac, c’est qu’il semble que celui-ci ne disparaisse jamais, même
après des centaines de représentations. L’exemple du chanteur Jacques Brel est
révélateur. A chaque fois qu’il devait se produire sur une scène, une crise
d’angoisse tellement forte se saisissait de lui qu’il devait courir à la
toilette pour vomir. Notre ami Otto Wessely a le même problème mais c’est d’un
autre coté qu’il s’exprime - si vous voyez ce que je veux dire?!
-
- J’ai également en mémoire le souvenir d’une amie comédienne
qui à chaque “première” faisait une crise d’urticaire tellement forte que des
rougeurs et des démangeaisons lui rendaient la vie impossible; ou encore celui
d’une autre amie chanteuse qui avant chaque concert d’importance avait
subitement une extinction de voix.
-
- Les exemples sont innombrables, ils vont de l’apparition
cutanée, aux problèmes de voix jusqu’au trou de mémoire. Le paradoxe dans tout
ça, c’est que c’est notre inconscient qui crée ses effets pour nous soulager
ou nous éviter de vivre quelque chose de négatif!
-
- Cela mérite quelques
explications supplémentaires : imaginons un cartomane qui doit dans une de ses
routines dominer une technique difficile. Admettons qu’il ait travaillé comme
un fou pour la maîtriser - ce qu’il arrive à faire dans son environnement
habituel avec plus ou moins de succès. Ce travail a donc été l’objet d’un
effort important qui lui a pris énormément de temps. Son inconscient a bien
sûr mémorisé ce travail comme quelque chose d’ardu, de difficile, engendrant
même une certaine dose de peine physique et morale. Le jour de sa première
démonstration publique, lorsque son inconscient voit s’approcher cette
difficulté technique, il va la faire disparaître afin de ne plus le faire
souffrir, et c’est ainsi que le trou de mémoire apparaît brusquement.
Fascinant, non?!
-
- Les mauvais remèdes
-
- Comme vous avez pu le lire
dans des exemples précédents, certains artistes essaient d’oublier leurs peurs
par la consommation d’alcool et parfois de drogue. Quelques fois ces remèdes
aident à cacher momentanément leurs angoisses mais non content de les faire
momentanément disparaître, ils font par la même occasion disparaître leur
talent. Avouez que cet effet secondaire n’est pas des plus salutaires pour
leur longévité artistique - sans oublier que la drogue et l’alcool rendent le
corps dépendant. Le cercle infernal les invite donc à sombrer un peu plus
profondément dans ces deux substances et à un moment donné, il est trop tard
pour qu’ils s’arrêtent sans séquelles. Ce qui engendre par la même occasion un
manque de confiance de la part de leurs proches et une réaction implacable de
la part des producteurs et des agents qui n’osent plus signer avec eux par
crainte qu’ils ne soient plus apte à remplir leur contrat. Nul besoin de les
nommer, je suis sûr que vous en connaissez autant que moi dans le domaine de la
chanson, du cinéma, de la comédie et bien sûr de la magie.
-
- Les bons remèdes
-
- En sachant que le trac prend naissance dans notre esprit,
pouvons-nous le diminuer par notre raison? Cette question qui parait simple
n’est pas pour autant facile.
-
- Combien de fois avant de
monter sur scène nous nous sommes dit : “Ça ne sert à rien d’avoir peur, le
public est là pour moi, il m’aime. Je ne dois plus trembler! Je ne dois pas
perdre mes moyens! etc.” Et malgré cela, rien ne changeait, au contraire
le trac semblait s’amplifier.
-
- Si le trac ne dépend pas de notre raison, cela sous-entend
que pour le faire disparaître nous ne pouvons pas faire appel à notre système
nerveux volontaire mais bien à notre système nerveux involontaire que l’on
nomme également système nerveux sympathique.
-
- Afin de mieux comprendre ce
processus mental, je vous propose un petit détour au coeur de la relation
entre notre esprit et notre corps en utilisant le savoir précieux de Madeleine
& Yves DIENAL (voir bibliographie en fin d’article).
-
- Permettez-moi d’emprunter leurs mots :
-
- Parallèlement à l’Esprit qui se divise en conscient,
subconscient et inconscient, le système nerveux se partage en deux systèmes :
-
- - L'un, Volontaire,
commandé par le conscient qui est le Système Nerveux Central. Nous en
sommes le maître! Nous lui donnons des ordres pour marcher, courir, parler,
ouvrir ou fermer les yeux, pour ordonner à nos sphincters de s’ouvrir ou de se
fermer afin de faire nos besoins naturels, etc.
-
- - L'autre, Involontaire,
qui échappe au conscient; c'est le Système Sympathique qui commande
toute la mécanique viscérale. Là, nous ne sommes plus maître de quoi que ce
soit. Nous ne commandons plus rien, ni les battements de notre coeur, ni notre
digestion, etc., c'est lui qui s'en charge pour nous à notre insu.
-
- Schématiquement, pour qu’ils s’adaptent aux deux temps de
notre existence, l'action d'une part et le repos d'autre part, le système
sympathique se divise lui-même en deux autres systèmes: le système
Orthosympathique et le Système Parasympathique.
-
- Le Système Orthosympathique
- De manière inconsciente et
involontaire, il crée dans notre organisme les conditions physiologiques de
l'Action. C'est lui qui va “faire monter l’adrénaline”, stimuler l'activité
du coeur, précipiter le rythme respiratoire, modifier la distribution du sang
dans l'organisme, le charriant des viscères abdominaux aux muscles, aux
poumons et au cerveau, accélérant ainsi les échanges qui permettent à
l'organisme de mobiliser toutes ses énergies en vue de l’action et du combat
(combat que certains d’entre nous risquons de vivre avec quelques-uns de nos
spectateurs).
-
- Le Système Parasympathique
- Toujours de manière
inconsciente et involontaire, il crée dans notre organisme les conditions
physiologiques du repos et de la reconstitution : stimulation de la digestion
gastro-intestinale, réserves de glucose dans le foie, relâchement de la
tension cardio-vasculaire, ralentissement du rythme respiratoire, relâchement
des muscles, détente cérébrale, permettant ainsi à l'organisme de reprendre
des forces.
-
- Je termine là mon emprunt
et j’enchaîne sur l’expérience d’un spécialiste de l’hypnose. Il affirmait que
tout trouble psychosomatique est une traduction organique d’un événement
émotionnel ou conflictuel. Il ajoutait que l’hypnose qui se situe à
l’intersection des phénomènes psychiques et somatiques, était donc
particulièrement apte à traiter les affections qui concernent l’esprit et la
pensée. De plus, les récentes découvertes en psychobiologie (elles révèlent
comment nos attitudes et nos émotions provoquent des changements
physiologiques et biochimiques sur notre corps) et en psycho-neuro-immunologie
(elles mettent en lumière les interrelations entre le système nerveux central,
le système immunitaire et le système neuroendocrinien) montrent clairement
combien le mental agit sur le corporel.
-
- En sachant tout cela,
comment alors se rendre maître d’un système qui est indépendant et
incontrôlable? C’est là que les techniques de la PNL (programmation neuro-linguiste)
(*) vont nous être utiles.
-
- Le pouvoir de
l’imagination
-
- “Toute idée conçue dans l’âme est un ordre auquel obéit
l’organisme : ainsi, la représentation de l’esprit produit dans le corps ou
une vive chaleur ou le froid : elle peut engendrer ou guérir la maladie.”
Thomas d’Aquin (**)
-
- (*) La Programmation Neurolinguistique (PNL)
est une conception de la communication et du comportement chez les êtres
humains qui a été développée en 1975 par Richard Bandler, John Grinder, Leslie
Cameron-Bandler et Judith DeLozier. Cette approche a tout d’abord été mise au
point grâce à un processus d’observation systématique de Virginia Satir,
Milton H. Erickson, Fritz Perls et d’autres grands maîtres de la thérapie.
-
- (**) Saint Thomas d'Aquin, 1225-1274. Sa
pensée théologique repose sur deux axes fondamentaux : “Une confiance active
en la raison, une référence permanente à la nature.”
- Sa vision optimiste réconcilie
Foi et Raison en mettant les ressources de la Raison au service de
l’intelligence de la Foi, au point de constituer la théologie en science
véritable - celle des choses divines construites à l’aide de raisonnements et
de démonstrations conformes aux principes aristotéliciens. Voici une de ses
nombreuses citations : “Si nous résolvons les
problèmes de la foi par seule voie d'autorité, nous posséderons certes la
vérité mais dans une tête vide!”
-
- C’est Edmund Jacobson qui en 1942 a mesuré pour la première
fois la contraction musculaire impliquée dans la course à pied chez un athlète
en relaxation totale mais qui s'imaginait en train de courir. Il a pu
nettement s’apercevoir que le travail musculaire créé par l’esprit
s’apparentait à celui créé par un véritable effort physique. De là est née la
théorie qui dit que le système nerveux sympathique, ne fait aucune différence
entre une situation vécue mentalement et une situation vécue dans la réalité.
Cette théorie a engendré plusieurs techniques qu’utilise au jour d’aujourd’hui
la médecine sportive. Celles-ci apprennent à l’athlète le travail de la
préparation mentale, de la visualisation d’épreuves et de l’anticipation des
performances.
-
- Le multiple champion du
monde de karaté (*) et acteur américain bien connu Chuck Norris a très
tôt dans sa carrière sportive utilisé ces techniques. Voici ce qu’il décrit
dans son livre (voir bibliographie) :
-
-
“Il y a trois facettes pour devenir un gagnant : le mental, le psychologique
et le physique.
- Il y a un vieil adage auquel j’ai toujours cru : “Celui
qui se prépare à perdre, perd.” Un gagnant pense à gagner, un perdant à
perdre. Un gagnant se dit à lui même : “Quand je gagne...”, alors que le
perdant se dit à lui-même : “Si je gagne...” Le gagnant doit avoir une
attitude positive. il doit se visualiser en train de marquer des points et de
voir l’arbitre lever sa main pour lui donner la victoire. Ces images positives
créent alors le pouvoir et les données lui permettant de gagner. Mais les
images positives ne serviront à rien si vous ne vous êtes pas préparé
mentalement, psychologiquement et physiquement.
- Je crois que si vous considérez la possibilité de
perdre, vous perdrez, car votre subconscient acceptera ce fait.”
-
- (*) Chuck Norris a remporté à 6 reprises
le championnat du monde de karaté.
-
- Michel Ricquier, musicien
et spécialiste du trac (voir bibliographie), dit que l'idée que l'on se fait
des difficultés est plus importante que les difficultés elles-mêmes. Il ajoute
que si nous pensons être incapables de réaliser une action, quelle qu'elle
soit, notre système nerveux va envoyer des messages spécifiques qui vont
limiter ou supprimer notre capacité à atteindre ce résultat. En fin de compte,
l'intention avec laquelle nous allons exécuter une action est plus importante
que l'action elle-même. Prenons l’exemple de l’enfant qui se tient en
équilibre sur une chaise, sa maman le gronde en disant : “Attention tu vas
tomber!”. Cette injonction introduit dans l’esprit de l’enfant l’image de
la chute et par conséquent, les probabilités pour qu’il tombe sont plus
grandes. Par contre si la maman avait dit : “Ne bouge plus et garde ton
équilibre!”, cela aurait éviter l’induction de l’image mentale de sa chute
et il y a de fortes chances pour qu’elle soit arrivée à temps pour le prendre
dans ses bras.
-
- Dans le même ordre d’idée, un des principes de base du jeu
de l’acteur est que si la préparation mentale du rôle (tout le travail
imaginaire adapté à la réalité du rôle) a été un succès, seulement alors son
expression physique suivra naturellement. Dans le cas contraire, les
spectateurs assisteront à une mauvaise
- interprétation de l’acteur
dénuée de jeu. La plupart des grands professeurs d’art dramatique vous diront
que le travail intuitif n’existe pas, seul compte le travail de préparation
mentale du rôle qui s’enchaîne ensuite par de nombreuses répétitions (essais,
improvisations qui mèneront l’acteur ou le comédien petit à petit vers la
réalité du personnage).
-
- Notre inconscient ne fait
donc aucune différence entre une scène que nous imaginons et une scène que
nous vivons réellement. En sachant cela, il nous sera facile de nous
reprogrammer (de nous désancrer pour utiliser un terme de PNL) afin de nous
imprégner d’images positives et relaxantes. Nous allons en quelque sorte
pouvoir utiliser cette fonction de l’esprit pour notre plus grand bien.
Comment? En créant différentes visualisations et différents ancrages qui nous
permettront de revivre dans notre présent une situation très agréable
appartenant à notre passé (vous me suivez? Oui, je sais, ça à l’air compliqué
à la première lecture mais vous verrez que c’est plus simple qu’on ne
l’imagine).
-
- La base des techniques que
vous allez découvrir dans quelques instants est empruntée à la Programmation
Neurolinguistique (PNL). C’est une technique qui a fait le tour du monde et a
aidé des millions de personnes. Elle est reconnue par les professionnels de la
thérapie, de la communication, de l’éducation et de la psychologie. (voir
bibliographie)
-
- La visualisation et
l’ancrage
-
- - Accordez-moi une minute,
dit-elle.
- Le lieutenant la regarda avec
attention.
- - Vous allez bien?
- - Très bien. J’ai juste
besoin de reprendre ma respiration pour me sentir fin prête.
- Elle eut un petit sourire
d’excuse.
- - On a beau aimer les gens,
dit-elle, on dresse facilement un mur autour de soi quand il y a foule. J’ai
besoin de briser ce mur avant d’affronter mon public.
-
- Extrait de “Les Chroniques
des Furets” - Furets des mers à la rescousse de Richard Bach, Éditions Michel
Laffon, 2002.
-
- Qu’est-ce qu’une
visualisation ?
-
- C’est revivre de manière
intense une scène positive de notre passé plus ou moins lointain en la
visualisant avec tous nos sens (la vue, l’odorat, le toucher, l’ouie et
pourquoi pas le goût? - la fameuse madeleine de Proust est un exemple de la
littérature française que tout le monde connaît).
-
- Qu’est-ce qu’un ancrage?
-
- C’est le déclencheur du réflexe conditionné (la
visualisation programmée).
- Il suffit de relier un état intérieur (des images positives
de notre passé - la visualisation) à un stimulus extérieur (le contact
physique avec une partie de notre corps - l’index et le pouce par exemple)
pour le créer.
- L'état intérieur sera l’état dans lequel nous nous
trouvions lors de cette magnifique expérience appartenant à notre passé.
- Le déclencheur sera un stimulus que nous allons créer en
touchant une partie précise de notre corps (vous avez l’embarras du choix : un
doigt, une hanche, un nez, un coude, etc.).
-
- Vous trouverez ci-dessous deux des différents ancrages que
j’utilise personnellement avant de monter sur scène.
-
- Le premier a un rapport direct avec un stage de karaté que
j’ai fait à Saint-Malo dans les années 1980.
-
- Imaginez la scène : Il est
8h00 du matin, une légère brume s’étend sur la plage, le bruit de la mer berce
agréablement ma respiration profonde et lente, je suis assis en zazen, mes
genoux, mes tibias et mes pieds sont en contact avec le sable humide et j’ai
l’agréable sensation de ne faire plus qu’un avec l’univers. A chacune de mes
inspirations, un air frais et pur se distille à travers mes poumons et l’odeur
de la mer atteint mes narines. Le soleil commence à percer les nuages et à
chauffer mon corps, les mouettes volent au dessus de moi en émettant leurs
cris strident, un léger vent souffle sur ma peau. Je me sens vivre plus
intensément à chaque seconde qui passe. Je me sens formidablement bien.
-
- Si vous avez pu grâce à
cette petite description sentir ne fut-ce qu’une petite partie de mon
expérience, c’est que pour vous la visualisation sera une étape facile à
vivre.
-
- Tous les soirs avant de m’endormir je me transportais
mentalement sur cette plage et je revivais chaque détail de cette belle
expérience. En revivant cette scène, je me suis créé un ancrage situé
physiquement au point de contact entre mon index et mon pouce droit afin que
plus tard lors d’un spectacle stressant je puisse en réunissant ces deux
doigts (le déclencheur), revivre mentalement cette scène relaxante.
-
- Je vous conseille de créer
ces ancrages de préférence le soir avant d’aller vous coucher car pendant
votre sommeil votre inconscient s'imprègne plus profondément de toutes les
informations que vous lui transmettez. C’est durant le sommeil que cette
méthode sera la plus efficace. Ensuite avec l'habitude, vous n’aurez plus
besoin de fermer les yeux pour visualiser et sentir ce que vous vous êtes
programmé. Vous pourrez pratiquer n’importe où et à n’importe quel moment du
jour ou de la nuit cet exercice mental à chaque fois que le stress fera son
apparition.
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- Mon deuxième ancrage est une suite d’heureux événements que
j’ai compilé les uns à la suite des autres. Il y a mon premier prix à Las
Vegas, celui de Londres, mon heureuse participation au théâtre des Beaux-Arts
dans “Fantômas”, celle du théâtre Royal des Galeries, et ma tournée en
Belgique durant mon one-man-show. Ce que j’ai fait dans cette compilation
n’est pas de revivre toutes les scènes de manière détaillée mais plutôt de ne
sélectionner que les moments où j’étais face à mon public en train de recevoir
leurs magnifiques applaudissements. J’ai ancré cette suite d’images et de
sensations au niveau de mon pouce et de mon majeur droit. De cette manière-là,
à chaque fois que je les mets en contact, je suis submergé de ces formidables
énergies positives que j’ai reçu lors de ces merveilleux moments de ma vie
professionnelle.
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- Aujourd’hui, avant de monter sur scène, j’utilise ces deux
ancrages qui me permettent presque instantanément de me mettre sous les
meilleures conditions mentales. Mon trac est bien sûr toujours présent mais
dès que j’utilise mes ancrages, il s’atténue fortement et me permet de prendre
beaucoup plus de plaisir avec mes spectateurs.
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- Pour que les choses soient
claires, voici un résumé de la méthode de visualisation et des ancrages tirés
des techniques de PNL :
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- 1) Visualisez les scènes de
votre vie que vous avez sélectionnées pour le bien-être qu’elles vous
procuraient.
- 2) Au moment où votre état de
bien-être est à son apogée, activez votre ancre en appuyant fortement votre
pouce sur votre index droit (si comme moi ce sont ces deux doigts que vous
avez choisi pour créer votre ancrage).
- 3) Ensuite, recommencez ce même
exercice mental plusieurs fois par jour (de préférence le soir) en prenant
soin de visualiser les mêmes images associées au même ancrage. Faites-le
pendant plusieurs semaines.
- 4) Après vous êtes programmé de
cette manière-là, vous serez prêts à activer vos ancrages n’importe où et à
n’importe quel moment.
- 5) Passez à un second ancrage en
suivant les même étapes et ainsi de suite.
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- La bulle de protection
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- J’ai emprunté à l’étude du
langage corporel l’image de “la sphère” pour m’en
servir dans les cas extrêmes où je devais affronter un public antipathique ou
un public plutôt froid ou encore une situation émotionnellement difficile (un
rendez-vous important, une personne qui tente de vous déstabiliser, etc.).
J’ai préféré lui donner le nom de “bulle” qui correspond mieux à
l’image que je m’en suis faites (la bulle dans mon imaginaire me paraît plus
légère et plus poétique que la sphère). Si cette image a bien rempli sa
fonction pour moi, je suppose qu’elle aura le même effet pour vous.
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- Dans l’étude du langage corporelle il existe 4 sphères
corporelles :
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- 1) La sphère intime qui
correspond à l’avant-bras replié coude au corps. C’est la zone qui délimite
notre intimité et qui est une zone affective par excellence.
- 2) La sphère personnelle
qui correspond au bras tendu et qui permet une communication amicale.
- 3) La sphère sociale qui
correspond tout simplement à la somme de deux zones personnelles et qui
symbolise une communication d’aspect plus professionnel.
- 4) Et finalement la sphère
publique qui se situe au-delà de la sphère sociale.
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- Ces différentes sphères
varient de diamètre selon le pays d’origine de votre interlocuteur. La
sphère sociale d’un japonais, par exemple, sera beaucoup plus petite que
celle d’un aborigène qui vit dans de grands espaces.
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- Ces sphères imaginaires peuvent aussi devenir un outil de
travail et de protection pour la gérance de notre stress.
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- Certains d’entre nous peuvent se protéger grâce à elles et
d’autres au contraire, se laisser envahir. Vous souvenez-vous d’une rencontre
avec l’une de vos connaissances qui après avoir partagé un moment avec vous,
vous laisse complètement vide? Un peu comme si elle était rentrée dans votre
sphère personnelle pour y puiser toute votre énergie. Ou au contraire, vous
souvenez-vous d’un jour où vous étiez complètement à plat et après avoir
quitté votre ami vous vous êtes senti beaucoup mieux? Ces deux exemples font
certainement partie de votre expérience de vie. Et tant mieux car vous allez
en profiter pour vous en servir de manière consciente et positive, que ce soit
dans votre vie professionnelle ou privée.
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- Si après avoir utilisé vos
ancrages, vous vous sentez encore nerveux avant de monter sur scène, vous
pouvez alors avoir recours à cette autre imagerie personnelle qui est la
bulle de protection. L’idée est toute simple. Elle
consiste à visualiser mentalement votre bulle personnelle comme
s’il s’agissait d’un bouclier invisible qui vous protège de toutes les
mauvaises pensées ou influences qui pourraient vous toucher. Vous l’imaginez
flottant dans l’espace et vous suivant partout de manière légère et subtile.
Elle peut être transparente, parfaitement ronde ou si vous le souhaitez se
transformant à chacun de vos pas. Vous déclenchez ce bouclier une seconde
avant de monter sur scène pour l’enlever dès que votre prestation a eu lieu.
Cette bulle de protection peut aussi vous être utile lors de
rencontre avec des gens qui sont des manipulateurs ou des déstabilisateurs de
plus ou moins grands talents. Le seul danger de cette technique, est qu’elle
peut vous couper du monde extérieur. Cette bulle est en quelque sorte
l’équivalent du “quatrième mur” que les comédiens utilisent au théâtre.
Attention, il faut savoir s’en servir correctement si l’on ne veut pas perdre
le contact avec nos spectateurs!
-
- Le travail de
l’inconscient
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- “Certains d’entre nous commencent à apprendre ces
choses-là de façon subconsciente.
- Notre esprit ne les accepterait pas à l’état de veille,
alors nous faisons nos miracles en dormant.”
- Extrait de “Le Messie récalcitrant”
de Richard Bach, Éditions Flammarion, 1978.
-
- Parlons une fois encore de l’incroyable travail que réalise
notre inconscient. Je vais prendre un exemple précis que la plupart d’entre
vous ont certainement déjà vécu des dizaines de fois dans votre vie
artistique. Vous souvenez-vous du nombre d’heures pendant lesquelles vous avez
travaillé une technique difficile sans pour cela arriver à la dominer? Puis,
lasser de tant de répétitions, vous l’avez laissé tomber pour vous occupez de
techniques plus accessibles. Ensuite, après plusieurs semaines, sans
réellement savoir pourquoi, vous l’avez reprise en vous rendant compte que
vous la maîtrisiez mieux qu’auparavant. C’est un peu comme si durant ce laps
de temps plus ou moins court où vous aviez cessé de la travailler, votre
inconscient quant à lui, avait continué à assimiler toutes les informations
que vous lui aviez transmises. C’est donc tout naturellement qu’un beau jour
cette technique resurgit dans votre conscient après que votre inconscient vous
a montré la bonne manière de l’exécuter. Surprenant mais vrai!
-
- Avant de m’intéresser à
l’esprit de manière plus approfondie et sans connaître les techniques de PNL,
j’avais déjà utilisé efficacement les techniques de visualisation pour
atténuer mon trac. Elles m’ont rendu de bons services et je les considère
comme une preuve supplémentaire du bon fonctionnement du travail de
l’imaginaire. Je les ai mises en pratique pendant plus de neuf ans à la
télévision nationale belge avec succès.
-
- Imaginez-vous un instant en tant que présentateur d’une
émission de variété en prime-time qui rassemblait plus d’un demi-million de
téléspectateurs à chaque retransmission. Si vous pensez à cette quantité
impressionnante de personnes qui sont accrochés à vos mots, je pense qu’il
vous sera difficile d’ouvrir la bouche ne fut-ce qu’une seconde. En fait,
l’astuce psychologique que j’avais trouvée lors de ces enregistrements
télévisuels était tout simplement d’imaginer que je parlais à une seule
personne, une personne que j’aime plus que tout et qui m’accepte tel que je
suis avec mes qualités et mes défauts. Cette fantaisie de mon esprit me permit
d’avoir beaucoup moins de pression psychologique et de vivre mon aventure
télévisuelle de manière beaucoup plus sereine. Une autre astuce utilisée dans
le but de me sentir plus « léger » de ne plus être à la recherche de la
perfection (ça c’était le travail le plus aisé vu que j’en étais loin!). Dès
que vous acceptez d’être imparfait, tout devient soudainement beaucoup plus
facile. Et en plus, vous devenez beaucoup plus authentique, plus accessible et
donc beaucoup plus touchant pour votre public.
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- L’auto-suggestion
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- Une autre technique très
efficace que vous pouvez utiliser est l’auto-suggestion. Grâce à une induction
hypnotique, vous pouvez sans trop de contraintes arriver à modifier votre état
de conscience. Les suggestions formulées peuvent alors servir de
“reprogrammation” ou de “programmation supplémentaire” qui effacent l'ancien
programme :“J'ai le trac” et le remplace par un nouveau plus positif.
C'est aussi simple que cela. C'est une méthode extrêmement efficace que vous
pouvez utiliser verbalement ou par le biais d'une cassette audio ou d’un CD.
La seule erreur à ne pas commettre lorsque vous vous suggestionnez ou
enregistrez est d’éviter de dire : “Je n'ai pas le trac”. Cette formule
est négative car elle utilise le mot “trac”. Vous allez donc automatiquement
revivre les mauvais moments de votre passé artistique dans lequel il était bel
et bien présent. Une formule plus intéressante et plus positive serait de dire
: “J’ai confiance en moi” ou “Je vis intensément mon présent sans
aucune peur”, etc. Vous serez alors beaucoup plus efficace. N’oubliez
jamais que votre mental n’accepte pas les négations, au contraire il réagit
inversement à leur suggestion. Si je vous dis: “Ne pensez pas au huit de
cœur”, la seule chose à laquelle vous penserez sera justement à cette
carte, n’est-ce pas?
-
- Pour clôturer cet article, je vous transmets quelques
conseils supplémentaires qui m’ont aidé à vivre mes passages scéniques avec
plus de légèreté.
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- - Soyez honnête avec vous-même
- - Aimez sincèrement les autres
- - Soyez à la recherche du
plaisir
- - Acceptez que vous d’être
imparfait
- - Ne cherchez pas à paraître
mais à être
- - Lancez-vous des défis et
n’ayez pas peur des échecs
- - Apprenez à respirer avec le
hara (une bonne respiration remplit d’abord le bas du ventre, puis
l’intercostal et enfin les poumons supérieurs)
- - Jouez avec votre imagination
car comme vous l’avez appris, elle est une arme redoutable
- - Utilisez vos ancrages et si
nécessaires vos bulles de protection
-
- Que le bon trac soit encore
avec vous et que le mauvais disparaisse à jamais!
-
-
Carlos
Vaquera, juillet 2006.
-
- Merci à mon amie Valérie Rosenbaum pour ses commentaires et ses
corrections.
- (La perfection sans une touche féminine est si difficile à atteindre!)
-
- Bibliographie:
- - “Neo-Magic” - The second
Edition of this World-Famous Classic on “The Art of the Conjuror” by S.H.
Sharpe, George Johnson Magical Publications, 1946.
- - “Stage Fright” - Its role in
acting by Stephen Aaron - The University of Chicago Press, 1986.
- - “Les Gestes Vérité” de
François Sulger, Éditions Sand, 1986.
- “The Secret of Inner Strength”
- My Story by Chuck Norris with Loe Hyams, Little, Brown and Company, 1988.
- - “La communication efficace par
la PNL” de René de Lassus - Édition Marabout, 1992.
- - “Vaincre le trac grâce à une
meilleur connaissance du fonctionnement mental” de Michel Ricquier - Éditions
Guy Trédaniel, 2000.
- - “L’hypnose” - Exploration et
stimulation des champs de conscience de Bernard Baudouin, Éditions De Vecchi,
2004
- - “Les secrets de la
communication” - les techniques de la PNL de Richard Bandler et John Grinder,
les Éditions de l’Homme, 2005.
- - “L’esprit humain clairement
expliqué” par Madeleine & Yves DIENAL, Éditions Dangles, 2005.
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