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Extrait de la préface : Nous, les femmes des années 1980, avons toutes adoré la chanson de Cookie Dingler. Ne la laisse pas tomber/ Elle est si fragile… On avait vingt ans (et des…), on en a quarante (à peine !) et si on devait se choisir un hymne, ce serait celui-là. Pourtant, le cher vieux Cookie se trompait : être une femme libérée, ce n’était pas si difficile… Et on n’était pas si fragiles. Il a longtemps été de bon ton de vomir les années 1980, sorte de néant culturel dont on ne conserve que des clips certes affligeants où des chanteurs et chanteuses aux brushings insensés, vêtus comme des généraux mexicains, dansent avec l’énergie et la grâce d’un cours d’aérobic sur une musique de synthétiseurs et boites à rythmes. Pour nous, ce n’était pas ça. Pas que. Les années 1980 ont été une seconde « parenthèse enchantée », après celle de la fin des sixties. Une époque d’espérance, de modernité et de tolérance, marquée par l’élection de François Mitterrand en 1981, le phénomène Touche pas à mon pote, les Restos du cœur, la liberté de ton des radios libres et celle de Canal+ créé en 1984. Elles ont été également une période de latitude amoureuse et sexuelle, jusqu’à ce que tombe le couperet du Sida. Les femmes des années 1970 – nos mères ou nos grandes sœurs – avaient mené un combat féministe qui avait renversé de son piédestal le mâle blanc occidental. Pour elles, du coup, être une femme des années 1980 n’était effectivement pas si facile, car le déboulonnage du prince charmant ne s’était pas passé sans heurts. Le taux de divorce s’était envolé, de même que celui des familles monoparentales. Mais ce combat était derrière nous, acquis, intégré. On se sentait tout naturellement les égales des mecs, la question ne se posait plus. |
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