Philippe Gildas
[Comment réussir à la télévision quand on est petit, breton, avec de grandes oreilles ?]

«Pourquoi suis-je devenu journaliste ? » C’est ainsi que commence le livre de celui qui a contribué à inventer, toujours en s’amusant et pour notre plus grand plaisir, la radio et la télévision d’aujourd’hui. Les jeunes générations connaissent bien sûr Philippe Gildas pour ses performances mémorables à Canal+, avec à ses côtés Antoine de Caunes. Pourtant c’est au début des années 1960 qu’il a commencé comme journaliste, à Combat. Un tout autre contexte alors !

Dès 1962, il s'oriente presque par hasard vers la radio, sur Radio Luxembourg d'abord (RTL aujourd’hui), dont il deviendra le directeur de l'information. Sept ans plus tard, il découvre la télévision : présentateur du JT sur la première chaîne entre 1969 et 1972 ! De rencontres cocasses en anecdotes savoureuses, il arrive à Canal+ en 1985 (où il créera d’ailleurs le mythique Top 50 !). L'aventure Nulle part ailleurs commence en 1987 et durera dix ans, avec quelques Nuls et autant de Guignols... Philippe Gildas enchaîne ensuite présentation (sur les chaînes Voyage, Paris Première) et production, il a même récemment créé une chaîne de télévision (Vivolta). Il a découvert ou fait travailler nombre de ceux qui sont devenus depuis les têtes d’affiche de la télévision française actuelle. Ce livre, bien plus qu’un simple parcours professionnel et personnel, présente une formidable traversée des médias des cinquante dernières années, un retour sur l’évolution du journalisme, et une étonnante galerie de portraits inédits. On y découvre aussi l’enfant breton, l’étudiant modeste, le grand lecteur et le voyageur qu’il a toujours été. Portrait intime d’un homme attachant et joueur qui pose sur la société du spectacle un regard amusé et lucide.

Philippe Gildas est né le 12 novembre 1935 à Auray, en Bretagne. Son livre est co-écrit avec Gilles Verlant, célèbre biographe de Gainsbourg, qui a longuement collaboré avec Philippe Gildas sur Canal+.
 
 
Agenda
Disponible dans votre point de vente habituel depuis le 24 février 2010
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Rencontres-Signatures
Paris 13 avril de 18h30 à 20h00 : Maison de la Bretagne
Montpellier 14 avril 2010: Librairie Sauramps
Lille 20 avril 2010: Librairie Furet du Nord
Bruxelles 6 Mai 2010: Librairie Filigranes
Rouen 26 Mai 2010: Librairie L’Armittière
Radio
11 Avril : RTL invité d’ Eric Jean Jean
Et en mars – avril également prévu :
RADIO SUISSE ROMANDE (2 émissions enregistrées le 15 mars)
BFM « club média RH »
NOSTALGIE : Robin entre 16h et 20h (en attente de diffusion)
Télé
8 Mai : TF1 Les enfants de la télé
 
Extraits
 (...) le passage à la télévision n'était pas du tout prévu dans ma carrière (...)
 (...) des gens ont écrit pour protester contre la longueur de mes cheveux (...)
Enfance bretonne
“Avec mon frère Michel, j’allais chercher l’eau matin et soir à la pompe municipale, muni de deux seaux et d’un cerceau pour les écarter et éviter, une fois remplis, qu’ils ne vous tapent dans les jambes. Voilà pourquoi nous avons aujourd’hui encore les bras si longs… Un bon souvenir soixante ans plus tard, un cauchemar à l’époque ! N’allez pas croire que nous vivions au Moyen Age : c’était ça, la campagne dans les années 1940.”

Jean Yanne : le déclic
“Une nuit que j’étais à me morfondre à la réception de l’hôtel j’ai vu débarquer un garçon impressionnant dont la carrière démarrait timidement, après des années de galère. Son nom : Jean Gouyé, dit Jean Yanne. Il va, sans le savoir, changer le cours de ma vie. Je lui raconte donc que je suis en train de rater mes études, à cause des multiples petits boulots que je dois enchaîner pour ne pas crever de faim, sans parler de mon bénévolat à la Sorbonne (...) Et lorsque je lui confie que, au lieu de devenir prof de Lettres, je rêve désormais de travailler dans un journal, il me rétorque : «Fais comme moi, inscris-toi au C.F.J.!» (Centre de Formation des Journalistes, ndlr)”

Philippe Gildas est né
“Avant de prendre le micro, Jean Bardin, animateur historique de la tranche matinale sur Radio Luxembourg, qui commençait toujours par le chant du coq, m’avait demandé sous quel nom il devait me lancer. Brutalement, je réalise qu’il est hors de question de me présenter sous mon vrai nom : je suis encore à l’armée (…). Il me faut un pseudo, et vite : sans réfléchir, je reprends celui derrière lequel je me suis abrité depuis un an pour les rares papiers que j’ai écrits dans Combat, mon prénom suivi de celui de mon fils. Et c’est comme ça que Philippe Gildas est né en ce 1er janvier 1963, à 6 heures du matin, dans l’indifférence la plus totale.”

L’ami Pierre Lescure
“ (…) Au volant de ma pimpante Renault16 bleue, ma première voiture neuve, je vais chercher Pierre Lescure à Choisyle- Roi ; c’est sur mon chemin, venant de Saint-Maur. Pierre ne sait pas conduire et il est toujours fauché. Entre nous, je peux vous le révéler aujourd’hui : des années plus tard, dans les nombreux conseils d’administration à Canal+ où nous siégerons ensemble, nous aurons un mot de passe imparable quand l’un de nous voudra prévenir l’autre au nez et à la barbe des autres administrateurs, ce sera et c’est encore : St-Maur-Choisy…”

Première télé
“Ni Etienne Mougeotte, qui vient d’Europe 1, ni moi, n’avons jamais fait de télévision. Pourtant Desgraupes et Joseph Pasteur vont très vite nous installer à la présentation du journal. Pour Mougeotte (en haut) c’est même immédiat et son arrivée donne lieu à un gag. Desgraupes dirige exceptionnellement la conférence de rédaction parce que c’est notre premier J.T. du soir, quand la porte s’entrebâille sur une tête inconnue de tous, même de Desgraupes : «Qui es-tu, toi ?», tonne le patron. Qu’est-ce que tu veux ?» Et l’inconnu, sans se démonter : «Je m’appelle Mougeotte, je viens d’Europe 1 pour présenter le journal.» – «T’en as déjà présenté ?» – «Uniquement à la radio.» – «Très bien, tu commences ce soir à 23 heures.» Mougeotte y est allé, il a été excellent et quelques jours plus tard, il présentera le J.T. de 20 heures ou, pour être exact, le J.T. de 19 h 45.”

Les débuts de l'ère Canal +
“Le lancement de Canal+, le 4 novembre 1984, frôle le désastre. Les décodeurs ne marchent pas, quand ce n’est pas l’antenne spéciale que les abonnés ont dû poser sur le toit. On ne compte que cent cinquante mille abonnés là où il en aurait fallu le double et, surtout, les premiers concepteurs du programme se sont complètement trompés de public : ils pensaient séduire les C.S.P.+, autrement dit les gens riches, cultivés, amoureux de cinéma en V.O. et de sports que l’on ne voyait pas sur les autres chaînes, tels le basket, le foot américain, la boxe ou la corrida.”

Les Nuls plus qu’un nom
“Les Nuls font le succès de l’émission. Je ne suis pas mécontent de leur avoir trouvé ce nom, dans une improvisation non réfléchie. Surpris, Chabat était aussitôt monté voir Lescure, non pour se plaindre mais pour lui faire part de son inquiétude : «Les Nuls, tout de même, tu ne trouves pas ça complètement naze ?»”

L’idée de la mort
“Tous nos proches sont prévenus : Maryse et moi n’allons jamais au cimetière ensemble. Pour des amis qui n’auraient pas dû mourir si brutalement – Coluche, Le Luron ou Bruno Carette –, l’un de nous se dévouait, l’autre restait à l’antenne ou à l’écran. C’était là qu’il fallait être. J’ai pleuré comme à la mort de mes proches, puis je me suis fait à l’idée. En revanche, j’ai du mal à me faire à ma propre mort.”

Maryse : le coup de foudre
“ Je découvre une femme superbe que je n’avais jamais remarquée derrière l’animatrice que je connais pourtant depuis quinze ans ! Au moment de partir, alors qu’elle m’ouvre la porte de l’ascenseur, sans l’avoir prémédité, je l’embrasse furtivement sur la bouche et je m’entends encore lui dire : «Un jour, je te ferai l’amour.» Peut-être est-ce cela le coup de foudre.”

Antoine de Caunes le complice
“Notre complicité est idéale. Nous n’avons jamais eu de mots, alors qu’Antoine peut avoir des sautes d’humeur, dues à une vie privée compliquée, souvent douloureuse, dont il ne parle évidemment jamais, mais qui rejaillit sur son caractère. Il lui arrive régulièrement d’être désagréable avec tout le monde, sauf moi."
 
 
 
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